Lun 18 DĂ©cembre 2017 - 00:00:00







BOOTO A NGON Charles, Directeur Général ANOR (Agence des Normes et de Qualité)
Mis en ligne le 10 Mai 2013 par, Administrateur
Monsieur le Directeur général, depuis votre nomination et votre installation dans vos fonctions, quelles activités ont été menées jusqu’ici à l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR) ? Depuis que le Président du Conseil d’Administration, les Administrateurs et la Direction Générale ont été installés dans leurs fonctions, nous avons très rapidement pensé qu’il fallait tenir le premier Conseil d’Administration ordinaire. Parce que c’était la voie par laquelle, nous devrions prendre des Résolutions, pour adopter un certain nombre de choses, notamment un plan d’action prioritaire, que nous comptions mettre en place, à très court terme. Ce plan d’actions prioritaire devait faire ressortir, entre autres, certains documents indispensables à l’ANOR: les organigrammes, les statuts, un projet de budget, permettant le déblocage d’une subvention spéciale de démarrage; de répondre aux attentes qui sont celles des Camerounais, par rapport à ce qu’on pourrait considérer comme une nouvelle structure. Alors qu’en fait c’est la continuité d’un certain nombre de choses qui étaient faites au niveau de l’ancienne Division de la Normalisation et de la Qualité (DNQ), mais à un degré moindre. Parce qu’il faut le souligner, c’est parce que le chef de l’Etat a répondu aux attentes des opérateurs économiques, des partenaires au développement, des administrations, en matière de normalisation, qu’il a bien voulu créée l’Agence des Normes et de la Qualité, qui devient en réalité un organe de service public. Tout ceci c’était pour la rendre beaucoup plus opérationnelle; pour passer d’une phase de simple coordination des activités de normalisation à une phase opérationnelle. Tout ceci parce que par le passé, on avait constaté qu’il y avait, au niveau des interventions sur le terrain, en matière de normalisation, des chevauchements, des incohérences, donc il fallait un interlocuteur unique. Ceci étant, nous avons tenu notre premier Conseil, qui s’est déroulé dans de très bonnes conditions et a donné lieu à plusieurs résolutions: la saisine des Services du Premier ministre, pour la désignation d’un Président de la Commission de passation de marché; la saisine du Ministre des finances, pour le déblocage d’une subvention spéciale de démarrage; la saisine du Ministre des Domaines, pour la mise à disposition de l’ANOR, d’une parcelle de terrain, pouvant permettre la construction de son siège dans un avenir très proche. Ceci étant, nous avons continué un certain nombre d’actions, dans les secteurs jugés prioritaires. Notamment les activités de Certification, anciennement dévolues à l’ex DNQ ; parce qu’on ne pouvait pas freiner les activités des opérateurs économiques, pour leur permettre de faire leurs opérations au niveau de la Douane et de la SGS. Nous avons continué à tenir des réunions de concertations avec toutes les parties prenantes: secteur public, secteur privé et la société civile. Nous nous sommes appesantis sur certains sujets essentiels, tels les matériaux de construction ; au regard des immeubles qui se sont écroulés, et en cela, nous avons proposés au Ministre de l’industrie, de signer un Arrêté rendant d’application obligatoire, les normes modifiées sur certains matériaux de construction: ciment, fer à béton, avec des précisions selon lesquelles les matériaux qui devraient être mis sur le marché, devraient au préalable, avoir le Certificat de conformité à la norme. Avec des précisions quant aux quincaillers, qui ne sont pas importateurs, en leur demandant de solliciter auprès de leurs fournisseurs des copies certificats de conformité qui devraient être validés au niveau de l’ANOR. A l’époque, pour faciliter ces opérations d’importation, on avait mis en place des procédures de dérogation, mais malheureusement, bien que ces dérogations précisent que dès l’arrivée des marchandises, il faudrait que la DNQ soit informée, pour les prélèvements et les analyses, certains opérateurs économiques mettaient les marchandises sur les marchés dès leur arrivée, sans disposer toutefois d’un Certificat de conformité, qui lui n’est délivré que suite aux analyses dans des laboratoires agrées. Pour ce qui est d’une filière comme celle du gaz domestique, qui fait beaucoup de remous, pour laquelle les attentes sont également nombreuses, nous avons tenues des réunions avec parties prenantes et la première résolution qui s’est dégagée, a été la nécessité de réviser la Norme sur le gaz. Elle a été élaborée il plusieurs années de cela et n’est plus d’actualité dans notre contexte. Pour répondre aux plaintes de divers opérateurs qui déploraient que le gaz qui était mis à leur disposition n’avait pas toujours le poids qui avait été requis, nous avons envisagé la possibilité de disposer des balances dans des points de vente de gaz domestique ; au mieux au niveau des grossistes. Pour se rassurer que le poids réel du gaz respecte les normes. Il est vrai que tout cela ne peut être mis en place que suite à la révision de la norme, c’est en cela qu’ il faut préciser que rien pour le moment ne demande aux gens d’aller faire les contrôles sur l’existence des balances dans les points de vente. Quand la norme sera révisée, des mesures d’accompagnement et les modalités d’application de cette norme seront également connues. En ce qui concerne les spiritueux (liqueurs, champagnes, NDLR), après les réunions tenues avec les parties prenantes, résolution a été prise, que suite aux ravages de l’alcool dans nos villes et campagnes, surtout sur les consommateurs estudiantins, les jeunes, la norme y relative sera révisée. Les députés avaient même interpellés le Gouvernement à l’Assemblée nationale, pour résoudre ce problème. D’où cette réponse envisagée pour satisfaire les plaintes des populations. Pour marquer notre présence dans l’opinion, le site web de l’ANOR, www.anorcameroon.org, a été créée. Toutes les informations sur l’ANOR y sont publiées et les suggestions des uns et des autres intéressés par la normalisation sont attendues. Nous avons tenues des réunions avec des partenaires au développement, qui sont prêts à nous aider dans ce sens. Nous avons tenues des réunions avec des associations des consommateurs, qui en réalité seront les premiers gendarmes de la norme sur le marché. Parce qu’il est question de mettre dans la conscience collective l’importance de la norme, l’importance de l’utilisation des produits de qualité, d’où les risques encourus en utilisant les produits de non qualité. Nous sommes entrain d’accélérer notre déménagement pour notre siège, en cela nous avons été suffisamment aidé, par Mme le Directeur Général de la SNI, les ministres de tutelles technique et financière, notre PCA, qui s’implique et qui à l’occasion ne se prive pas de donner les positions de l’ANOR et ce que notre structure entend faire dans les prochains jours. En cela je crois qu’un signal fort est venu de la très haute hiérarchie. En effet, nous avons été réjouit de ce que le PCA, fasse partie de la suite officielle du Président de la République, pour participer au Sommet France Afrique de Nice en France, au cours duquel des problèmes pointus liés au développement de l’Afrique et en particulier les problèmes relatifs à la normalisation, notamment la question relative à la responsabilité sociétale des entreprises, seront débattus. Ce qui est important dans la normalisation, c’est la communication, l’information, c’est en cela que je remercie votre journal, pour l’opportunité qu’il m’offre. Il faudrait que les opérateurs économiques sachent que la normalisation n’est pas une tracasserie supplémentaire, elle est là pour les accompagner. Le Cameroun, entend être un pays émergent à l’horizon 2035. Mais comment cela va se passer ? Ça ne sera pas seulement en nous contentant du marché national ou sous-régional, il faudra maintenant penser aux exportations. Mais comment réussir à exporter si nos produits ne respectent pas les normes? De même si les producteurs locaux qui veulent se contenter du marché national, sans respecter les normes, ils vont se faire damer le pion, par les sociétés étrangères qui viendront vendre dans notre pays des produits de bonne qualité. Nous avons plusieurs programmes, tel le Programme pilote de la mise à niveau à la normalisation, développé par l’ONUDI et financé par l’Union Européenne, pour lequel l’ANOR est la principale composante en matière de normalisation. C’est d’ailleurs en cela que le Ministre de l’industrie a pris une décision qui transfère, de manière officielle, les compétences, en matière d’homologation, de certification, de contrôle de la qualité, pour montrer clairement aux opérateurs économiques, aux administrations, que ce qui était fait avant à la DNQ, relève désormais de l’ANOR. Afin qu’il n y ait pas d’ambigüité face aux missions de l’ANOR et quant aux réalisations que nous comptons faire avec toutes les parties prenantes. Lorsqu’il y a eu écroulement d’un immeuble au quartier Nkoldongo à Yaoundé, le lendemain les responsables de l’ANOR, étaient parmi les premiers responsables à être sur le terrain. Le constat est simple. Dans un édifice comme celui qui s’est écroulé, il y a deux possibilités: soit les matériaux de construction ne sont pas de bonne qualité, donc ne respectent pas les normes, soit la mise en œuvre elle même ne respecte pas les normes. Et de ce point de vue, le Ministre de l’industrie a immédiatement pris les mesures concernant les matériaux de construction. Dans les prochains jours, l’ANOR va élaborer la norme sur la mise en œuvre des bâtiments. Concernant le carburant frelaté, juste après les plaintes des consommateurs suite à la consommation de ce carburant malodorant, nous avons tenue une réunion avec les parties prenantes, pour constater qu’il n y avait pas de norme sur le carburant dans notre pays. Immédiatement l’ANOR a procédé à l’homologation de la norme sur le carburant et le Ministre de l’industrie a signé un Arrêté la rendant d’application obligatoire. Les modalités d’application de cette norme vont très bientôt être mises à la disposition des concernés. Les problèmes liés à l’odeur, la qualité ou au contrôle, même au niveau des stations service seront pris en compte. En effet ce n’est pas dans toutes les stations service que nous trouvons le carburant de bonne qualité, ceci parce que la notion de contrôle avait été délaissé à un moment ; là-dessus l’ANOR entend jouer pleinement son rôle. L’ANOR apportera t - elle son soutien financier au fonctionnement des Comités technique d’élaboration des normes, comme le souhaitent certains opérateurs économiques ? Les normes s’élaborent au sein des Comités techniques, avec toutes les parties prenantes (Administrations, opérateurs économiques et société civile). Elles peuvent être élaborées, à partir d’un besoin, soit des opérateurs économiques, soit de l’administration. Elles sont élaborées de manière consensuelle et dans la plupart des cas les Présidents des Comités techniques étaient les représentants du secteur privé. Bien entendu une contribution de chacun est attendu et la première difficulté que nous avons eue au niveau de la DNQ était l’incapacité à donner la contribution du Ministère, tout ceci au regard du budget de cette Division, qui ne le permettait pas. Mais je peux vous rassurer, au niveau de l’ANOR, des dispositions ont été prises pour contribuer également au fonctionnement des Comités techniques, au sein desquels seront élaborées le maximum de normes dans tous les secteurs. Au jour d’hui, nous avons 300 normes qui sont élaborées, mais en réalité le nombre est insuffisant. Au regard de l’ampleur et de la complexité des problèmes que nous devrons résoudre, à travers les normes. Que feriez-vous pour taire ceux qui voient les chevauchements et conflits de compétence entre l’ANOR et d’autres administrations actives dans la normalisation ? Nous comptons publier sur le site de l’ANOR très bientôt, le Décret du 17 Septembre 2009, qui porte création, organisation et fonctionnement de l’ANOR. Les missions sont claires : élaboration, certification, mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière de normalisation. Il est précisé à la fin de ce Décret que toutes les Dispositions antérieures sont abrogées. Donc de ce point de vue, il n y a pas d’amalgame. Il n’y a pas deux Agences de normalisation au Cameroun, il n’ y a que l’ANOR. Il est vrai que nous travaillons en relation avec toutes les autres administrations que nous convions généralement à s’associer à l’ANOR pour élaborer les normes dans les secteurs spécifiques, où les autres des départements ministériels ont certainement des idées que nous pouvons mettre en cohérence pour l’élaboration des normes. Il n’y a ni chevauchements, ni empiètements, c’est en cela que l’ANOR a été créé pour éviter tous ces chevauchements qu’on observait entre les administrations. Le texte est venu mettre de l’ordre dans ce qu’on pouvait appeler comme une sorte de désordre, à l’époque. Pourquoi ne pas initier des rencontres avec les parties prenantes, pour les imprégner des missions de l’ANOR, afin de taire ces incompréhensions et interprétations diverses ? La subvention spéciale de démarrage que nous avons demandé, la communication, l’information et la sensibilisation occupent environ 20% . Nous allons organiser des caravanes au niveau des dix Régions, avec toutes les parties prenantes : associations de défense des consommateurs ; organisations professionnelles; opérateurs économiques et les administrations, pour les expliquer tout cela afin de dissiper tout malentendu. Y a-t-il mésentente entre l’ANOR et le Groupement Patronal des Pétroliers (GPP) ? Non, il n’y a pas de mésentente entre nos deux entités. Au contraire, nous travaillons en symbiose. Vous pouvez vous rapprochez du Président du GPP, nous sommes en parfaite harmonie. A chaque fois qu’il nous sollicite, nous regardons avec bienveillance les observations, sommes toutes pertinentes, qu’ils évoquent souvent. C’est un secteur sensible, c’est pour cela qu’à chaque moment nous les appelons pour discuter ensemble. Il demeure qu’au sujet de l’obligation de l’utilisation prochaine des balances dans les points de vente de gaz domestique, le GPP s’inquiétait sur qui va financer l’acquisition de ces balances ? Tout dépend de comment est-ce que nous allons accompagner ce processus. Le GPP a besoin lui-même d’être crédible, il ne faudrait pas qu’on pense un seul instant que le GPP est responsable de ce trafic qui se fait, pour que les bouteilles non pleines se retrouvent sur le marché. Nous travaillons ensemble et les modalités pratiques d’application de toutes ces mesures, nous allons les arrêter d’un commun accord. Certains observateurs s’interrogent sur comment fonctionne l’ANOR, qui attend toujours son budget spécial de démarrage, mais arrive quand même à se déployer. Comment faites-vous ? Quel est votre secret ? Etant entendu que j’occupe encore les fonctions de chef de Division de la Normalisation au Ministère, j’utilise le budget alloué à cette Division pour tenir les réunions de l’ANOR. Sans oublier l’apport des opérateurs économiques. Au départ les opérateurs économiques ne comprenaient pas très bien l’importance de la normalisation, mais depuis quatre ans ils contribuent à la réalisation des objectifs dont nous nous sommes fixés, par des contributions volontaires. Etant entendu que ces Comités techniques sont pilotés par le Secteur privé. Donc ils ont les moyens de contrôler ce qu’ils ont mis pour le déploiement des Comités. Quelle est la nature des relations entre la Direction générale, le PCA et les Administrateurs ? Il ne devrait pas avoir d’ambigüité, le texte organique de l’ANOR est clair. Puisque le rôle de chacun y est défini. La Direction générale ne fait qu’appliquer la politique qui est définie par le Conseil d’administration. C’est fantastique les relations qu’il y a aujourd’hui entre la Direction générale et le Conseil d’administration. Quand on voit l’implication que ce soit du Président du Conseil d’Administration et des Administrateurs, on sent que chacun voudrait voir cette nouvelle structure réussir, surtout quand on sait le niveau de l’activité économique au Cameroun. Au regard des attentes, qui sont celles du chef de l’Etat et du Gouvernement. Je suis fier et plus que fier de l’ambiance qui règne entre la Direction générale et le Conseil d’Administration. Entretien réalisé par Marcel NDOUMBE Source : J’ informe, N° 095, du 02 Juin 2010, édité par la Ligue Camerounaise des Consommateurs, (L.C.C.)

6ème Session ordinaire de l’Institut de Normalisation et de MĂ©trologie pour les pays Islamiques

Mis en ligne le 07 Juin 2014

Le PrĂ©sident du Conseil d’Administration de l’Agence des Normes et de la QualitĂ© (ANOR), MOHAMADOU BAYERO Fadil, a Ă©tĂ© Ă©lu le 02 juin 2014 a…

Lire la suite »

Pan-African Project Management Conférence : L’appel du DG de l’ANOR aux agences africaines de normalisation

Mis en ligne le 31 Mai 2017

Charles Booto Ă  Ngon leur demande d’adopter de bonnes pratiques en matière de management des projets. C’était le 26 mai dernier au Palais…

Lire la suite »

Promotion de la normalisation, L’ANOR prépare la SENAQ 2015

Mis en ligne le 23 Avr 2015

Plus de 500 opĂ©rateurs Ă©conomiques attendus Ă  cet Ă©vĂ©nement majeur, vĂ©ritable porte ouverte Ă  l’intĂ©gration des normes et standards internat…

Lire la suite »


© Copyright 2017 - ANOR