Sam 16 DĂ©cembre 2017 - 00:00:00







Interview de Charles Booto a Ngon, Directeur GĂ©nĂ©ral de l’ANOR
Mis en ligne le 18 Oct 2015 par, Administrateur

Le Directeur Général d l’Agence des Normes et de la Qualité, Anor, dresse le bilan de la normalisation au Cameroun. C’était à l’occasion de la célébration le 14 octobre dernier de la 46ème édition de la journée mondiale de normalisation. Entretien à bâtons rompus.

Le Cameroun et la Communauté Internationale célèbrent la 46ème édition de la Journée Mondiale de Normalisation ce 14 octobre 2015. Quels sentiments vous inspire cette célébration ?

Tout d’abord, un sentiment d’appartenance ; le Cameroun fait ainsi partie du monde de la normalisation qui célèbre cet événement. Ensuite, une prise de conscience de l’écart de 40 ans qui sépare la toute première Journée Mondiale de Normalisation de la création de l’Organisme National de Normalisation du Cameroun, l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR). Vous imaginez dès lors le fossé qu’il pourrait y avoir entre nous et les autres. Enfin, un sentiment de satisfaction pour le chemin parcouru en seulement cinq années d’activité au cours desquelles, le Cameroun est devenu un acteur majeur de la normalisation continentale, toute proportion gardée et sans faire du triomphalisme.

Le thème retenu pour cette 46ème édition est : « Les Normes – Langage commun universel ». Quelle résonnance peut-il avoir pour le commun des camerounais ?

C’est grâce à l’application des normes, c’est-à-dire, en parlant ce langage commun de la normalisation, qu’un permis de conduire, délivré au Cameroun, peut être reconnu comme tel ailleurs dans le monde. C’est encore grâce à ce langage commun universel, qu’une Carte Visa ou une puce de téléphone, délivrée par des opérateurs camerounais, peuvent fonctionner ailleurs dans le monde. C’est toujours grâce au langage commun universel des normes qu’un thermomètre, un tensiomètre ou un stéthoscope, fabriqué n’importe où dans le monde, donnent les mêmes indications aux médecins camerounais pour vous faire des prescriptions médicales.

Les normes sont donc des véhicules d’un langage technique impersonnel, accessible à tous et reconnu comme tel à l’échelle planétaire. C’est ce qui leur confère ces caractères commun et universel. Celui qui s’approprie une norme internationale harmonisée, s’approprie une technologie et un langage reconnus et acceptés partout dans le monde.

En résumé, le commun des camerounais utilise ou profite de ce langage commun universel que  sa communication, téléphone et réseaux sociaux ne fonctionneraient pas sans une normalisation harmonisée ; son alimentation, son poisson ou sa viande sont pesés sur des balances normalisées  (calibrées) ; sa santé, nous venons de le voir avec le thermomètre, mais il y a aussi toutes les analyses médicales qui se font selon des normes pertinentes, afin que leurs résultats soient fiables et reconnus comme tels ailleurs ; sa sécurité et son environnement.

En cette Journée Mondiale de la Normalisation, quel bilan faites-vous de la normalisation au Cameroun depuis la création de l’Agence des Normes et de la Qualité ANOR ?

Un bilan globalement positif, même si beaucoup reste à faire. Car pour accompagner efficacement l’émergence du Cameroun, un seuil de (5 000) cinq mille normes nationales harmonisées doit être rapidement franchi.

Nous nous y employons à travers un outil de programmation que nous avons élaboré et qui est en cours de mise en œuvre : le Programme National d’Elaboration des Normes (PNEN) pour lequel nous lançons un appel pour une forte adhésion de toutes les parties prenantes, secteur public, secteur privé et société civile.

Dans cette dynamique, nous avons densifié le portefeuille des normes nationales de plus de 1400 normes depuis 2011, année du début de nos activités, passant d’à peine 200 normes cette année là, à 1708 normes actuellement. Ce chiffre va significativement s’apprécier d’ici la fin de l’année 2015 avec l’adoption et l’homologation des normes en cours d’élaboration par les différents Comités Techniques nationaux.

Le Cameroun prend également part à d’importants travaux internationaux de normalisation, pour des questions qui nous interpellent particulièrement, dans le cadre du Codex pour la sécurité sanitaire des aliments ; à l’ISO, notamment, pour le management des projets avec la norme ISO 21 000 et le management de la corruption avec la norme ISO 37 001 ; à l’Institut de Normalisation et de Métrologie pour les Pays Islamiques (INMPI) dont les toutes premières normes ont été adoptées à Yaoundé en 2011, et où le Cameroun participe à tous les Comités Techniques en activité, sans oublier l’Organisation Régionale Africaine de Normalisation (ORAN) où nous participons activement aux travaux d’harmonisation de certaines normes africaines.

Membre participant de l’ISO, le Cameroun assure les vice-présidences de l’INMPI à travers le PCA de l’ANOR, Monsieur Mohamadou Bayero Fadil, du Réseau Normalisation et Francophonie (RNF) et de l’ORAN, en la personne du Directeur Général de l’ANOR qui vient d’ailleurs d’être honoré pour sa contribution au rayonnement de cette dernière institution.

Comme je vous l’ai déjà indiqué, tout cela est bien mais pas assez, ni suffisant. Nous souffrons d’un déficit considérable en normes.  Ce déficit, couplé à la nécessité d’assurer la santé, la sécurité de nos populations et la durabilité des ouvrages réalisés au Cameroun, nous ont conduits à élaborer et à soumettre au Gouvernement, le Programme d’Evaluation de la Conformité Avant Embarquement (PECAE) des marchandises importées en République du Cameroun. Institué par le décret N° 2015/1875/PM du 1er juillet 2015, ce programme nous oblige à élaborer davantage de normes pour sa mise en œuvre conséquente, notamment, pour procéder effectivement et efficacement à toutes les opérations d’évaluation nécessaires.

Comme la fiabilité des résultats des opérations d’évaluation dépend de la fiabilité des équipements de mesures et des essais, il nous faut disposer localement des outils de vérification, le cas échéant, des évaluations effectuées en amont par nos partenaires. C’est pourquoi, l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR) s’est engagée à doter l’Afrique Centrale de l’unique Laboratoire Régional de Référence de Métrologie en cours de construction, avec l’appui du Gouvernement. Il sera opérationnel en 2017.

Pour me résumer, nous disposons aujourd’hui d’un catalogue des normes nationales en constante évolution et en totale cohérence avec les orientations du Gouvernement. Un laboratoire de référence en métrologie en cours de construction, la reconnaissance de nos pairs, un programme national d’élaboration des normes, et un programme d’évaluation de la conformité avant embarquement des marchandises importées au Cameroun en cours de mise en œuvre, pour assurer la santé et la sécurité de nos concitoyens. A vous d’apprécier.

Justement ! C’est par la presse que nous avons pris connaissance de ce programme dont on dit qu’il se prépare depuis 2012. Pourquoi tant de secret pour une mesure salutaire ? Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Si vous l’avez appris par la presse qui est un moyen de communication de masse, c’est qu’il n’y a pas de secret. L’ANOR, en relation avec les administrations concernées contribue à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique du Gouvernement dans le domaine de la normalisation et de la démarche qualité. C’est dans ce cadre que nous avons élaboré, dans la discrétion et la réserve, mais pas du tout dans le secret qui ne nous est pas prescrit, le PECAE. Il relevait du Gouvernement de l’instituer, d’en fixer les modalités de mise en œuvre et de le rendre public. C’est ce qui a été fait par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, indiquant ainsi toute l’importance que la haute hiérarchie accorde à la normalisation et à la démarche qualité.

Contrairement à ce que publie périodiquement une certaine presse, l’ANOR n’est pas une vache à lait, mais un artisan au service de la nation ; elle œuvre pour l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens et l’arrimage de notre économie à la modernité, comme le souhaite Son Excellence Monsieur Paul Biya, Président de la République et Chef de l’Etat. Le Cameroun ne saurait devenir une poubelle où se déversent les exportations de mauvaises qualités de tous horizons.

C’est ainsi que le PECAE vise au premier chef, la sauvegarde de l’intégrité du marché national dont l’envahissement, par les produits de mauvaise qualité, obsolètes ou contrefaits qui menacent chaque jour la sécurité et la santé des populations, a été constaté au plus haut niveau de décision.

Il vise ensuite le désengorgement des quais de nos ports, des entrepôts et des services de douanes en ce sens que des opérations qui se faisaient sur place, seront désormais effectuées au port d’embarquement et à la charge de l’exportateur. Lequel est désormais tenu d’apporter l’attestation que la marchandise qu’il exporte au Cameroun est conforme aux normes de référence. Ce qui va induire des gains d’argent et de temps pour la mise en circulation des marchandises pour l’importateur local, et améliorer les performances de l’économie nationale.

Est-ce à dire qu’avec la mise en œuvre du PECAE il n’y aura plus en circulation tous ces produits de mauvaise qualité dont nous subissons les effets ?

Comme vous allez vite en besogne. Il n’existe aucun pays au monde où les fléaux de la malfaçon et de la contrefaçon sont totalement éradiqués. Ceux qui les pratiquent trouvent toujours des failles, même dans les systèmes de contrôle les plus pointus. Il s’agit de les contenir dans des proportions acceptables pour le bien-être et la bonne santé de nos populations et de notre économie. Et le PECAE va y contribuer de manière significative. Mais pour y parvenir, il faut une grande adhésion de toutes les parties prenantes, non seulement au PECAE, mais aussi au Programme National d’Elaboration des Normes (PNEN) dont il a déjà été question au cours de cet entretien. La participation active de tous les acteurs à ces programmes est l’une des conditions déterminantes de l’émergence du Cameroun.

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