Jeu 27 Avril 2017 - 00:00:00







Interview du Directeur GĂ©nĂ©ral de l’ANOR pour le quotidien Cameroon Tribune
Mis en ligne le 07 Jui 2011 par, Administrateur
1.Un appel à contributions vient d’être lancé par l’ANOR pour l’élaboration d’un programme triennal d’élaboration des normes, de quoi s’agit-il précisément? Je vous remercie d’entrée de jeu pour l’intérêt que vous portez aux activités de l’ANOR. Permettez moi avant toute chose de rappeler que le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, conscient de l’importance des normes pour le développement socioéconomique du Cameroun et au regard des enjeux actuels de la mondialisation a créé par Décret n° 2009/296 du 17 septembre 2009, l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR), pour fédérer toutes les initiatives en matière de normalisation dans notre pays. En tant que noyau central du dispositif camerounais de normalisation, la mission capitale confiée à l’ANOR est d’animer, de coordonner le processus d’élaboration des normes et de promouvoir leur application, pour une meilleure contribution aux orientations dedéveloppement socio-économique de notre pays. Pour le cas d’espèce, faut-il lesouligner, ces orientations sont contenues dans la Vision Cameroon 2035 et dansle Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) que Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République, recommande à chaque camerounais. Ainsi, en vue d’assurer une meilleure mise en œuvre de ces hautes missions, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a signé l’année dernière la circulaire n°008/PM du 12 novembre 2010, relative au processus d’élaboration des programmes nationaux de normalisation. Pour revenir votre la question, il y a lieu de signaler tout simplement que l’appel à contributions en question vise deux principaux objectifs, à savoir d’une partexécuter la circulaire du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, et d’autre part, préparer la contribution de l’ANOR à la mise en œuvre efficiente du DSCE, à travers l’identification et la programmation de l’élaboration dans les secteurs prioritaires de cette stratégie, les normes ayant un fort potentiel d’impact sur la croissance, la création d’emplois, la lutte contre la pauvreté, l’amélioration de la compétitivité de l’économie, le développement des exportations, etc. 2. Vous avez tout à l’heure parlé de l’importance de la normalisation pour le développement socio-économique, comment l’appréhendez vous ? La normalisation aujourd’hui représente un des déterminants majeurs pour le développement dans tous les pays. Très peu d’études existent sur l’appréciation de la valeur économique des normes. Celles qui ont été menées jusqu’à ce jour,bien que fondées sur des méthodologies différentes sont unanimes surl’importance de la normalisation en terme d’efficacité économique, de contribution au bien être collectif, d’apport de solution aux défaillances du marché (en limitant leurs conséquences négatives, par exemple l’impact environnemental) et de promotion du Commerce. Prenons l’exemple du DSCE pour être plus concret. L’objectif de croissance affiché dans le DSCE se situe autour de 5,5 % en moyenne annuelle sur la période 2010-2020. Savez vous qu’un système de normalisation efficient peut rapidement contribuer à l’atteinte de cet objectif ? Dans plusieurs pays (France, Angleterre, Canada, Allemagne), les études montrent clairement que l’incidence des normes sur le taux de croissance est en moyenne de l’ordre de 0.81%, équivalent à une contribution au PIB d’environ 25%. A vous de faire les commentaires ! Prenons un autre exemple sur la problématique de mise à niveau des entreprises, qui constitue aussi une préoccupation majeure dans le DSCE: Les normes permettent aux entreprises de se mettre en adéquation avec les standards de performance et de qualité au niveau national ou international et contribuent à l’amélioration de leur compétitivité, à travers notamment le transfert de technologies dont elles sont porteuses. L’importance de la normalisation dans la mise à niveau des entreprises se situe également non seulement au niveau du contrôle de la qualité des produits importés et fabriqués localement, pour assurer une veille de qualité au sein des entreprises, mais aussi et surtout au niveau de la revalorisation du label Cameroun aussi bien sur le marché local que sur les places commerciales étrangères. 3. Quelles seront les principales étapes d’élaboration du programme national d’élaboration des normes ? Le chantier d’élaboration du programme triennal d’élaboration des normes est articulé autour de six principales phases, à savoir : (i) le recensement des besoins en matière d’élaboration des normes, (ii) l’évaluation de l’impact socio –économique des normes recensées, (iii) l’élaboration du projet de programme national triennal d’élaboration des normes, (iv) la validation du programme 2011-2013 d’élaboration des normes et (v) la publication et la diffusion du rapport de programmation et (vi) l’élaboration et l’homologation proprement dite des normes au sein des comités techniques. 4. S’agira t-il des normes nationales ou alors de l’homologation des standards internationaux dans le cadre du programme national d’élaboration des normes ? Cela dépendra des besoins exprimés. Nous allons capitaliser autant que faire se pourra les normes internationales existantes. Aussi, il sera procédé à l’homologation des standards internationaux, pour les besoins ayant des réponses à ce niveau. Par exemple, dans le cadre d’une mission de pré-évaluation duCentre Technique de l’Industrie du Bois et de l’Ameublement (CETIBA) deTunisie, dans le cadre du projet de création d’un Centre Technique Professionnel des Métiers du bois et de l’ameublement au Cameroun, il nous a été révélé que ce pays dispose d’environ 400 normes élaborées dans l’industrie du bois. Vous convenez avec nous que dans le cadre de notre programme, il sera plus rationnel de capitaliser l’expérience tunisienne pour les attentes qui seront exprimées dans la filière bois et ameublement. Par contre, nous allons procéder à l’élaboration des normes nationales pour ceux des besoins pour lesquels il n’existe pas encore de normes. Il sera même envisagé la création de nouveaux Comités Techniques s’il s’avérait nécessaire. 5. Par quels secteurs et par quels produits allez - vous commencer ? L’attention sera essentiellement portée sur les secteurs prioritaires du DSCE. En matière de croissance, la priorité sera donnée aux normes de développement des infrastructures, de modernisation de l’appareil de production, de développement humain et de développement du commerce extérieur. En conséquence, une grande attention sera portée par exemple sur les normes de transport urbain et interurbain, sur les normes de responsabilité sociétale (ISO 26 000), sur les normes de management (ISO 9001 : version 2008), notamment en entreprise, les normes susceptibles d’assurer la qualité des produits, des services et de leur acceptation sur les marchés, etc. En ce qui concerne l’emploi, nous mettrons un point d’honneur à l’élaboration des normes ayant une forte valeur contributive à l’accroissement de l’offre d’emplois décents, comme les normes de sécurité sociale. S’agissant des normes de produits, pour répondre à l’autre volet de cette question,c’est l’évaluation de l’impact économique et/ou social des besoins exprimés, l’appréciation de l’urgence, le positionnement dans les secteurs affichés du DSCE, etc. qui détermineront leur caractère prioritaires ou pas. 6. ANOR dispose t - elle d’expertises au niveau national ? L’ANOR dispose effectivement d’un réseau d’experts dans divers domaines,auxquels nous faisons appel pour animer les travaux d’élaboration des normes.Toutefois, il reste encore des domaines où ces experts ne sont pas monnaie courante, ou ne disposent pas de niveau de compétence requis pour uneparticipation efficiente à nos travaux. Nous en sommes pleinement conscients. C’est d’ailleurs pourquoi, nous avons engagé avec certaines institutions de formation de la place des échanges dans la perspective d’établir des partenariats pour l’intégration de la normalisation dans leurs programmes d’enseignements, le développement d’un réseau de formateurs relais en normalisation et la formation d’experts dans différents domaines. Mais en attendant et compte tenu de certaines urgences, nous faisons régulièrement appel, dans le cadre de la coopération, à des expertises avérées à l’extérieur pour nous appuyer quand cela s’avère nécessaire. 7. Les ressources financières sont-elles conséquentes pour permettre l’efficacité du travail ? Les pouvoirs publics font beaucoup d’efforts sur le plan financier en nous accordant une subvention substantielle pour permettre à l’ANOR d’assurer progressivement mais méthodiquement son déploiement, afin de répondre aux attentes portées en elle. Il faut signaler que le budget de l’ANOR depuis sa création a pratiquement doublé. Mais jusque là, il reste largement en dessous denos attentes. Notre budget représente à peine 15% de nos besoins réels à court terme. Toutefois, des actions sont en cours pour permettre à l’ANOR de disposerdans les meilleurs délais des ressources propres, car la mise en œuvre efficiente de son plan d’actions 2011-2015, condition fondamentale pour lui permettre de jouer sa partition dans la contribution à l’atteinte des objectifs de développement définis par la Vision Cameroon 2035 et le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), va nécessiter des ressources additionnelles dont elle ne dispose pas encore. 8. Sur le plan technique, qu’est-ce que l’ANOR a déjà réalisé depuis sa création ? Depuis la création de l’ANOR, nous avons a opté pour une gestion axée sur les résultats, ce qui a conduit à ce jour à l’atteinte d’un certain nombre de résultats satisfaisants, mais insuffisants au regard de sa lourde mission. A titre d’exemple, nous allons sans prétention d’être exhaustif, présenter quelques réalisations en 2010 et au premier semestre 2011. En matière d’élaboration des normes, soixante sept (67) nouvelles normes dans les filières agroalimentaires, des matériaux de construction, de l’électricité et des fruits et légumes ont été élaborées l’année dernière. Durant la même année, lesnormes de farine de froment et des huiles végétales raffinées, dont les travaux visaient l’enrichissement de ces produits en vitamines ont été révisées. Des contrôles de qualité et la certification de conformité aux normes des produits à l’importation et à l’exportation, dans l’optique de garantir la mise en circulation des produits de meilleure qualité, respectant les normes et assurant ainsi la santé et la sécurité des consommateurs sont régulièrement organisés. En 2010, 05 entreprises de production locale ont été auditées en vue de la certification de leurs systèmes de production. Les actions de formation et de promotion des normes afin d’inculquer au sein des entreprises une véritable culture de management de la qualité n’ont pas été négligées. L’année dernière, des séances de sensibilisation et de formation des chefs d’entreprises et des responsables des services publics ont été organisées avec le concours de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) dans le cadre du Programme Pilote de Mise à Niveau des Entreprises, sur les normes ISO 9001, ISO 14000 et ISO 22000. Une dizaine deséminaires de sensibilisation sur les normes révisées de farine de froment et des huiles végétales raffinées ont été organisés dans les 10 régions du Cameroun. De plus, des séminaires régionaux ont été organisés à l’intention des administrations et du secteur privé dans le cadre de la sensibilisation sur l’importance des nouvelles normes du ciment et du fer à béton. Au premier semestre 2011, deux projets de normes importants ont été élaborés et transmis dans les Services du Premier Ministre d’une part pour homologation et d’autre part, en vue de les rendre d’application obligatoire. Il s’agit de la norme des bouteilles à gaz domestique de 12,5 kg et de la norme des installations électriques à basse tension. Il convient de signaler également le lancement du chantier d’élaboration des normes de transport urbain, pour lesquels les Termes de Référence sont déjà élaborés et disponibles. De plus, le processus de normalisation dans le secteur agro-alimentaire a été accéléré et a conduit à l’élaboration de la norme sur les farines de blé enrichies et de la norme sur les huiles végétales comestibles enrichies. La coopération est un pan important des activités de l’ANOR. L’agence depuis sa création a considérablement contribué au rayonnement de l’image de notrepays sur le plan international. Le Cameroun à travers l’ANOR, est membre de plusieurs organisations internationales de normalisation : l’ISO, l’ORAN, la CEI, le RNF, l’INMPI, etc. Plusieurs actions ont été menées, non seulement dans la perspective de développement de l’ANOR au Cameroun et à l’international, mais aussi et surtout pour une meilleure prise en compte des intérêts du Cameroun lors des travaux internationaux de normalisation. Citons quelques exemples pour l’illustrer : 1. Le Cameroun à travers l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR) a été élu membre du Conseil d’Administration et membre du Comité d’Accréditation del’Institut de Normalisation et de Métrologie pour les Pays Islamique (INMPI),organisme phare de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), en charge des questions de normalisation et d’accréditation. Le Cameroun est égalementVice – Président du Conseil des Directeurs de cet organisme. Pour couronner le tout, nous avons abrité du 16 au 17 mai 2011 à Yaoundé, la toute première réunion du Comité Technique de l’INMPI, à l’issue de laquelle les lignes directrices validées lors de la 26ème session du COMCEC ont été adoptées comme documents de référence de l’INMPI. 2. Le Cameroun a été nommé au poste de Coordonnateur du Comité de Coordination du CODEX ALIMENTARIUS pour l’Afrique (CCAFRICA), lors de sa 19ème session tenue à Accra au Ghana du 1er au 04 février 2011. Le Directeur Général de l’ANOR a été désigné Coordonnateur du CCAFRICA. Soninstallation à ce poste se fera lors de la 34ème session de la Commission du CodexAlimentarius sur les normes alimentaires qui se tiendra à Genève du 4 au 9 juillet 2011. 3. Le Cameroun à travers l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR), accueillera du 14 au 17 novembre 2011 à Yaoundé, un forum des Directeurs Généraux des Organismes Nationaux de normalisation (ONN) africains, animé par Rob Steele, Secrétaire Général de l’ISO avec Jacques GIRARD, Président du Réseau Normalisation et Francophonie (RNF). Sur le plan bilatéral, de multiples actions ont été engagées avec plusieurs pays dans la perspective d’établir des partenariats mutuellement bénéfiques, pour contribuer au développement et à l’élargissement de la coopération dans le domaine de la réalisation des activités communes pour la normalisation, la promotion de la qualité, la formation et l’information. A ce titre, plusieurs protocoles de partenariats sont en cours de signature avec l’Association Française de Normalisation (AFNOR), le Bureau de Normalisation du Québec (BNQ), l’Institut National de la Normalisation et de la Propriété Industrielle (INNORPI) de Tunisie, L’Agence de Normalisation et de Transfert de Technologie (ANTT) du GABON. Sur le plan national, l’ANOR a engagé des actions de partenariat avec diverses institutions, notamment le Groupement Inter-patronal du Cameroun (GICAM), le Syndicat des Industriels du Cameroun (SYNDUSTRICAM), l’Institut Supérieur de Management Public (ISMP), l’Institut Panafricain pour le Développement en Afrique Centrale (IPD-AC) et le Centre de Formation pour l’Administration Municipale (CEFAM). 9. Quels sont les programmes d’appui aux activités opérationnelles développés au sein de l’ANOR Sur ce point, je voudrais dire que l’obtention des résultats n’est possible qu’avec des moyens d’accompagnement conséquents, notamment une bonne gouvernance.C’est pourquoi, nous avons opté pour une gestion stratégique au sein de l’ANORavec l’élaboration en cours d’une stratégie nationale de normalisation,l’élaboration d’un plan d’actions global à moyen terme (2011-2015), la finalisation du Cadre de Dépenses à Moyen Terme de l’ANOR,l’institutionnalisation de l’élaboration des rapports périodiques de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre de son Plan d’Actions Prioritaires (PAP), pour ne citer que ces actions. D’autre part, conscient de l’importance de la mise en place d’un cadre institutionnel, organisationnel et juridique approprié pour l’implémentation d’une véritable infrastructure qualité au Cameroun, l’ANOR a engagé cette année lapréparation de sa contribution à la révision de la loi 96/11 du 5 août 1996 relative à la normalisation, pour l’adapter à l’environnement socio économique actuel. Sur le plan infrastructurel, la mise en place d’un cadre de travail approprié s’est poursuivie avec notamment l’acquisition en location et l’aménagement d’un (01) bâtiment à usage de bureaux pour la Direction Générale. Un nouveau bâtiment devant abriter les structures des directions opérationnelles est en cours d’aménagement. 10. A quelle date sera livré le Programme National d’élaboration des normes 2011-2013 Le plan de travail prévoit, sauf contrainte majeure, sa validation définitive en fin octobre 2011 et sa mise en œuvre effective débutera en 2012. 11. Merci de nous avoir accordé cet entretien C’est nous qui vous remercions. L’inculcation de la normalisation dans la conscience collective passera pas une communication active. Nous nous réjouissons de la démarche de Cameroon Tribune, qui montre que vous avez bien compris l’enjeu de la normalisation pour le développement de notre pays.

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