Mar 30 Mai 2017 - 00:00:00







« La mise en œuvre du PECAE permettra de contenir l’invasion de notre marché par les produits non conformes »
Mis en ligne le 27 Avr 2016 par, Administrateur

En prélude à la tenue de la troisième édition de la SENAQ 2016, le Directeur Général de l’Agence des Normes et de la Qualité a rencontré les médias. Intégralité d’un entretien à bâtons rompus avec la presse.

Pouvez-vous nous indiquer quel est le thème central de la SENAQ 2016, pourquoi celui-là et pas un autre ?

Je vous remercie de me donner l’occasion de m’exprimer sur l’organisation toute prochaine de cet événement majeur de la normalisation et de la démarche qualité dans notre pays. En créant, par décret, l’Agence des normes et de la Qualité (ANOR), Son Excellence Paul Biya, Président de la République et Chef de l’Etat, lui a assigné un certain nombre de missions principales parmi lesquelles, l’élaboration et l’homologation des normes, la certification et l’évaluation de la conformité aux normes, la promotion des normes et de la démarche qualité auprès des organisations publiques, parapubliques et des organismes du secteur privé. Il fallait trouver un concept qui mette tout cela en avant en un seul mouvement. La Semaine nationale de la Qualité est l’expression de ce concept qui vise à  mieux faire connaître la nécessité et le rôle d’une infrastructure qualité dans l’amélioration des performances économiques d’un pays, à travers son appropriation par les opérateurs et la mise en conformité conséquente de leurs outils de production.

Elle se déroule cette année autour du thème : « Normes et Evaluation de la Conformité au cœur des stratégies de création des richesses et d’emploi au Cameroun ». Là aussi, le souci de montrer à la communauté nationale, qui l’ignore généralement, comment nous agissons en cohérence avec les orientations du Gouvernement aura été déterminant dans le choix de ce thème. Il était question  d’expliquer aux camerounais que la normalisation n’est pas une tracasserie supplémentaire de l’Administration Centrale, mais un outil de création de richesses et d’emplois, notamment dans un pays sur le chemin de l’émergence, souhaitée par le Président de la République, pour 2035.

Avant la SENAQ 2016, il y a eu les éditions de 2012 à Yaoundé et de 2013 à Douala. Pourquoi avoir attendu trois ans pour organiser une autre édition et qu’est-ce qui justifie le retour à Douala ?

Comme la plupart des événements susceptibles de pérennité, la Semaine Nationale de la Qualité, la SENAQ, a connu une étape de mise en place avec les deux premières éditions expérimentales de 2012 et 2013. Ces précédentes éditions, bien que courues, n’ont pas véritablement répondu à l’ambition et aux objectifs que j’avais fixés à l’événement. Il a fallu s’arrêter pour s’auto évaluer afin de réajuster les manquements constatés. Cela nous a pris deux ans et nous sommes de retour avec une reformulation de l’organisation marquée par une recherche de l’efficience et de l’efficacité. Avec elle, la SENAQ s’ouvre à toute la sous-région et à l’international comme vous allez le constater pendant le déroulement des activités. C’est cette phase de prise en main qui va nous conduire, j’en suis certain, à celle de la maîtrise et de la performance opérationnelle.

Quant au choix de la ville de Douala comme cadre du déploiement des activités de la SENAQ 2016, des éléments objectifs justifient la désignation de cette cité : il s’agit de la capitale économique, de la plus grande métropole du Cameroun, facile d’accès et qui abrite la plus forte concentration nationale des entreprises et des organismes interprofessionnels, essentiellement concernés au premier plan par les questions des normes et de la qualité. Comme je l’ai indiqué, la recherche d’une performance opérationnelle commandait à situer la SENAQ 2016, instrument dédié à la promotion de l’infrastructure qualité et de son rôle dans l’économie et la société camerounaise, à Douala.

Que nous réserve cette 3ème édition dont l’organisation a été revisitée et pourquoi le commun des camerounais devrait y participer ?

Outre son ouverture à la sous-région Afrique Centrale et à l’internationale, avec la présence des représentants de plusieurs pays étrangers à travers leurs organismes nationaux de normalisation, il y a abord la solennité de l’événement, avec le haut patronage de Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Ensuite, le lancement officiel par le Premier Ministre du Programme d’Evaluation de la Conformité Avant Embarquement des marchandises importées en République du Cameroun, institué par le décret 2015/1875/PM du 1er juillet 2015. Nous aurons l’occasion de revenir sur cet important programme, je l’espère.

Il y a également les stands occupés par tous ceux qui œuvrent pour la compétitivité de notre économie grâce à leur engagement dans la démarche qualité, et qui y exposent leur savoir-faire, leurs produits à des prix promotionnels. Il y a le côté ludique et festif de la SENAQ 2016, avec les nombreuses attractions prévues et les nombreux artistes invités. Mais il y a surtout les séminaires et ateliers consacrés aux défis des APE, aux différents métiers de la normalisation, à la contribution de la normalisation à la création des richesses et des emplois, à l’amélioration des conditions de vie des populations et à la protection de l’industrie locale. Toutes ces questions seront abordées par un panel d’experts nationaux et internationaux. Il y a enfin, pour ceux qui souhaitent nouer des partenariats des rencontres B2B.

Face aux nombreuses accusations dont vous êtes la cible principale, pouvez-vous nous dire ce que vous faites pour protéger l’industrie locale à la veille de l’entrée en vigueur des Accords de Partenariat Economiques (APE) avec l’Union Européenne, synonymes d’une concurrence des produits étrangers ?

Pour mieux protéger quelque chose, il faut au préalable identifier ce qui la menace afin de mettre en place la protection appropriée. C’est pourquoi les entreprises qui se sentent en difficulté doivent solliciter l’ANOR pour un diagnostic préalable du fonctionnement de la structure, de ses anomalies fonctionnelles, mais aussi de ses points d’excellence en vue de leur amélioration.

Or, il est constant aujourd’hui qu’en dehors des outils de production vétustes ou non adaptés, la production locale au Cameroun souffre du défaut d’application des normes, et même d’un déficit en normes pertinentes et appropriées. C’est pourquoi l’ANOR est en cours de mise en œuvre du Programme National d’Elaboration des Normes (PNEN) qui demande l’adhésion et la participation active de toutes les parties prenantes de la normalisation. En moins de cinq années d’activité, l’ANOR a porté le catalogue national des normes d’environ 300 en 2011 à 1708 normes camerounaises en décembre 2014, avec un objectif affiché de 5000 normes d’ici à 2018. Je précise que ça n’est pas le nombre des normes qui fait la compétitivité d’une économie, mais plutôt l’adéquation des normes disponibles avec les besoins réels et ciblés d’une économie en quête de performance.

Encore faudra-t-il que les normes mises à disposition soient effectivement et convenablement appliquées. D’où la nécessité d’évaluer la conformité de leur application aussi bien à travers les outils de production qu’à travers les produits finis. C’est pourquoi l’ANOR a mis en place deux grandes familles de procédures de certification : l’une pour la production locale et l’autre pour les importations. C’est cette dernière qui vient de connaître une évolution avec le PECAE qui sera officiellement lancé le 21 avril 2016.

L’ANOR s’est également engagée à doter l’Afrique Centrale de l’unique Laboratoire de Référence de Métrologie qui est en cours de construction.  Avec ce laboratoire également, l’industrie locale va réaliser des économies en ce sens que les entreprises locales n’auront plus à effectuer leurs opérations de calibrage à l’étranger, et la qualité et les volumes affichés par leurs produits bénéficieront de la reconnaissance mutuelle des autres pays. Ce joyau technologique qui concerne uniquement les étalonnages d’appareils de mesure permettra à court terme :

  • Sur le plan économique, l’amélioration de la compétitivité de nos entreprises à moindre coût, car elles n’auront plus à réaliser leurs étalonnages à l’étranger ;
  • Sur le plan social, une meilleure protection des consommateurs grâce une meilleure maîtrise des mesures ;
  • Sur le plan international, une parfaite intégration au système mondial de métrologie, en ce sens que les mesures faites au Cameroun auront la même signification dans tous les pays.

Si je vous résume, la protection de l’industrie locale passe par une normalisation intelligemment ciblée, une évaluation de la conformité rigoureuse, notamment pour les matières premières, et des outils de production étalonnés et calibrés. Ne s’agit-il pas là des grands piliers de l’infrastructure qualité dont vous parliez déjà ?

Certainement ! La normalisation, l’évaluation de la conformité, la métrologie, le cadre juridique et le réseau des laboratoires accrédités constituent l’infrastructure qualité d’un pays et l’armature de la protection de son industrie. J’ajouterai l’infrastructure qualité même présente dans toutes ses composantes, ne suffit pas et reste non productive si les organismes pour lesquelles elle a été mise en place ne s’engagent pas dans les démarche qualité. Il ne s’agit pas seulement des démarches visant la qualité du produit ou du service mis sur le marché, mais d’une démarche globale relative à la qualité du fonctionnement de l’organisme, des efforts qualité qu’il met en œuvre à toutes les étapes et à tous les niveaux de sa chaine de production de valeur. Il s’agit des démarches rigoureuses, outillées, empiriques, documentées et fondées sur l’observation et des référentiels exigeants. La compétitivité et l’émergence sont à ce prix.

Monsieur le Directeur Général, j’aimerai revenir sur le Programme d’Evaluation de la Conformité Avant Embarquement des marchandises importées au Cameroun, le PECAE. Comment s’opère sa mise en œuvre et quel en sont les avantages par rapport à ce qui se fait aujourd’hui ?

Je dois d’abord insister qu’il s’agit d’une mesure structurelle, à portée nationale pour l’économie et la société camerounaise, en rapport avec l’infrastructure qualité. Cela étant entendu, sachez que l’évaluation de la conformité avant embarquement consiste à faire inspecter les produits devant pénétrer le territoire camerounais depuis le pays d’exportation, par un ou plusieurs organismes spécialisés à la demande et aux frais du fournisseur.

Il s’agit pour l’Etat camerounais de se rassurer que les marchandises importées sont de bonne qualité à l’arrivée sur notre territoire.  Ces contrôles vont désormais se faire depuis le pays d’exportation, par les organismes qui sous-traitent l’activité. Quatre grandes étapes peuvent résumer la démarche :

  1. Un Comité Interministériel de Suivi/Evaluation arrête une logique d’inspection des marchandises en fonction de leur sensibilité, du volume des importations et de plusieurs autres paramètres.
  2. Des conventions sont signées avec les organismes d’évaluation de la conformité identifiés en vue de la mise en œuvre du programme selon une méthodologie préalablement arrêtée d’accord parties.
  3. Une plateforme d’échange d’informations est créée et mise en place entre les représentations de l’organisme d’inspection à travers le monde, les services des douanes camerounaises et l’organisme national de normalisation camerounais l’ANOR, en charge de l’évaluation de la conformité.
  4. Une campagne d’information et de sensibilisation, d’une durée plus ou moins importante est initiée, principalement à l’endroit des opérateurs économiques, notamment les importateurs de matières premières et des produits finis, sur les produits soumis à la nouvelle procédure, les étapes de la démarche d’évaluation, les délais, les organismes d’évaluation retenus etc. Parallèlement, une campagne d’information est lancée en direction des pays principaux partenaires commerciaux du Cameroun, à travers nos Chancelleries et les réseaux sociaux, ainsi que directement par le biais des plateformes d’information propres aux organismes d’évaluation partenaires du programme.
  5. L’ouverture de l’Antenne Régionale de Douala qui sera bientôt suivie de celle du Grand Nord, pour rapprocher l’ANOR et le PECAE des opérateurs et usagers.

Bien évidemment, la mise en œuvre de ce programme voulu et institué par le Gouvernement, permettra de contenir et de réduire l’invasion de notre marché par les produits non conformes. Il permettra également, dans une synergie avec les autres outils de compétitivité qui sont mis en œuvre par l’Etat, de mieux préparer les entreprises locales à la concurrence étrangère que va ouvrir l’entrée en vigueur des Accords de Partenariats Economiques avec l’Union Européenne. Ce programme va garantir des approvisionnements en matières premières de qualité pour nos industries locales, des gains de temps et de meilleurs délais de mise sur le marché des produits importés.

Permettez-moi de porter à la connaissance de la communauté nationale les chiffres qui suivent et qui proviennent du marché des Etats-Unis dans le seul segment des soins de santé : 15 rappels par semaine pour les dispositifs médicaux non-conformes ; 20 rappels par semaine pour les produits pharmaceutiques non-conformes et aux effets indésirables ; 25 millions de dollars de pertes pour les entreprises concernées par an, et surtout, 100 000 décès par an à cause de la non-conformité.

En conséquence, le PECAE rassure les pouvoirs publics sur la qualité des importations ; il rassure également les importateurs sur la qualité de leurs commandes ; il protège l’industrie locale contre la contrefaçon et la contrebande ; il garantit davantage la santé et la sécurité des consommateurs et permet le désengorgement de nos ports. Toutes ces choses que ne font pas efficacement les procédures actuelles.

Vos prochains chantiers ?

Sensibiliser, informer et former la majorité des camerounais sur les bienfaits de la normalisation et de ses activités connexes ; ouverture des Antennes Régionales dans le triangle national ; mise en œuvre réussie et efficace du PECAE ; mise en service en 2017 du Laboratoire National de Métrologie comme élément central de notre infrastructure qualité ; atteindre l’objectif de 5000 normes camerounaises en 2018  et faire de la SENAQ un événement sous régional de référence, voilà à court et moyen termes les chantiers de l’Agence des Normes et de la Qualité au service de l’émergence du Cameroun. Je vous remercie.

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